‹ OEuvresChapitre 109 sur 299 · LE P.OL · texte numérisé non relu

LE P.OL

Hé bien?

D'où vous vient cette croix? Parlez.

ARTIIUIi.

Je m'en souvien , C'est de ma mère , hélas !

LE ROI

Oui • mais je viens d'y lire :

« Anglais, sauvez Arthur! » Qui sut donc les écrire, Ces mots?

ARTHUR

C'est moi.

LE ROI

J'entends : mais pour quelle raison?

ARTHUR

J'étais las de gémir dans ma triste prison.

Chaque jour augmentait le poids de ma misère ;

J'y soupirais pensif, j'y regrettais ma mère;

Je l'appelais la nuit. Croix sainte , entends mes vœux !

Sauve, hélas! lui disais-je, un enfant malheureux.

Un espoir vint me luire; et , par ma main tracée.

Sur cette croix enfin j'explique ma pensée.

ifio JEAN SANS-TERRE.

Et du haut de la tour j'ose alors la jeter.

LE ROI

Mais encor, quel espoir avait pu vous flatter? Vouliez-vous des Anglais animer la colère?

ARTHUR

Ce projet convient-il , hélas ! à ma misère? Je voulais seidement leur rappeler mon nom , Et ne plus voir enfin les murs de ma prison. LE ROI, à Kermadeuc, brusquement.

Cette croix est tombée entre tes mains, perfide?

KERMADEUC

Qui te Fa dit?

LE ROI

Kerbeck , à qui ta main timide L'a remise en secret lorsque l'on t'a saisi. Il m'a tout avoué; ton complice est ici.

KERMADEUC

Hé bien! connais-moi donc. Je ne suis point un traître. J'ai tout fait , je l'ai dû , pour délivrer mon maître, je respectais ton trône, et ne l'attaquais pas. Je voulais rendre Arthur, mon prince à ses États.

LE ROI

Comment régnerait-il, quand, privés de lumière, Ses yeux...?

KERMADEUC

Va, nous l'aimons; sa race nous est chère. N'a-t-il pas pour régner les droits de ses aïeux? Qu'importe que le jour soit éteint pour ses yeux?

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