‹ OEuvresChapitre 13 sur 299 · ACTE H, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE II

\mis, nous dit Macbeth, le 1er est dans vos mains,

Et parmi ces remparts vous cherchez des chemins !

Est-il quelqu'un de vous que lé péril étonne?

Nous allons à Duncan rendre enfin la couronne,

Sauver notre pays. Mais sans trop nous flatter,

Si la victoire est belle, il faudra l'acheter.

Eh ! ne seriez-vous plus ces Écossais terribles ,

Dévoués à vos roîs , à leur malheur sensibles ,

Les aiiiis de Macbeth , et volant aux combats ,

Tels que 1 aigle orgueilleux qui naît dans nos climats?

Il s'élance à ces mots , et notre ardeur guerrière

Déjà de cent rochers a franchi la barrière.

Il nous voit , Toeil en feu , par la fougue emportés .

Criant, Vive Macbeth, combattre à ses côtés.

La terre en un instant a rougi de carnage.

Chacun des deux partis montre un égal courage :

On se cherche, on s'attaque, et sans ordre et sans choix.

Ce n'est plus un combat, c'en est mille à-la-fois.

La fureur nous aveugle, et les roches frappées

De nos mains en éclats font voler nos épées.

Des poignards aussitôt arment les combattans.

On perce, on est percé sur des corps palpitans,

Je ne vois plus alors sur la terre sanglante

Que la rage qui tue , ou la rage expirante.

Déjà, déjà Cador semait par-tout l'effroi :

Macbeth vole vers lui. « Viens , dit-il , à ton roi .

>< Viens payer par ta mort la peine qui t'est due. •

La victoire un moment à peine est suspendue •

r>{ MACBETH.

H fait tomber sa tête, et son bras furieux

La saisit dégoûtante , et l'offre à tous les yeuxv

L'ennemi cède alors et connaît les alarmes.

Il jette en frémissant ses drapeaux et ses armes.

Nos cris font retentir les somuiets du Valda,

Les torrens de Malmor, les échos du Loda.

Dans nos sombres vallons la terreur les disperse;

Du haut de nos rochers la frayeur les renverse :

Tels tombent du torrent les flots précipités.

Et de tant de soldats pour Gador révoltés ,

Qui soutinrent sa cause aux champs de la Molvide^

Vers les antres d'Olberg , sur les bords de la Clyde ,

Il n'en est pas un seul qui, tombant sous nos coups,

]S ait mordu la poussière ou fléchi devant nous.

FRÉDÉGONDE

Herfort a dé Macbeth partagé la victoire?

LOCLIN.

Herfort de ce combat est sorti plein de gloire : On l'en tira mourant; mais blessé, furieux, Il combattait encore et du geste et des yeux. Le repos est pour lui le seul mal qu'il endure. Puisque son roi triomphe, il chérit .sa blessure. Il n'est point d'Écossais qui , de la gloire épris , Ne désire et combattre et mourir à ce prix.

FRÉDÉGONDE

Ah! Macbeth est vainqueur! sa gloire est mon oiivrage. C'est moi qui la première éveillai son courage. Il fut un temps , ami , où l'ombre et le repos

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