‹ OEuvresChapitre 131 sur 299 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Dans nos cœurs entraînés tout fut mvolontaire.

Si j'ai plu, c'est sans art, sans chercher à lui plaire ;

Le ciel ne m'a point fait pour séduire et flatter :

Je connais mon bonheur, il faut le mériter;

Nommez-moi dans quels lieux cet enfant de l'Afrique

Doit planter les drapeaux de votre république.

Je veux qu'on dise un jour : « Par ses heureux vaisseaux ,

« Quand Venise aspirait à régner sur les eaux,

« Hédelmone vivait; elle épousa le More :

« Ce More était célèbre, il fut plus grand encore;

« Ce More 1 adorait : son front victorieux

« Sut, à force d'exploits, s'embellir à ses yeux. »

MONCÉNIGO.

C est ainsi qu'un grand cœur sait plaire à ce qu'il aime. Allez, brave Othello, soyez toujours le même. Si les yeux d'Hédelmone ont pu vous enflammer. Je conçois que son cœur dut aussi vous aimer. Du plus doux des penchans l'invincible puissance A souvent méconnu le rang et la naissance. L'amour fier de ses droits , comme la liberté , Rend l'homme à la nature , à son égalité. Laissons là ces vains noms dont notre orgueil se pique : Il n'est qu'un seul honneur, servir la république. Votre bras , votre gloire ont combattu pour nous , Et dispensent d'aïeux un guerrier tel que vous.

( Ils sortent touSj excepté Othello et Hédchnone. )

2O0 OTHELLO

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