‹ OEuvresChapitre 133 sur 299 · ACTE I, SCÈNE VIII. aor · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII. aor

Va : au cœur d'Othello tout mon cœur s'abandonne. Mais tu crois bien aussi que, fidèle à ma foi , Jamais mon tendre amour ne s'éteindra pour toi. Tu ne te souviens plus de ce qu'a dit mon père?

OTHELLO

Qui, moi, m'en souvenir! va, si l'ombre légère

Du plus faible soupçon altérait ton bonheur ,

Que mon sang tout-à-coup s'arrête dans mon cœur !

HÉDELMONE.

Ton cœur est donc heureux?

OTHELLO

J'ai souvent sur ma tête Entendu les fureurs , les cris de la tempête ; J'ai vu le fond des mers, les flots audacieux S'y perdre avec l'éclair, s'élancer jusqu'aux cieux; Le calme était bien doux après ce bruit terrible : Mais qu'il n'approche point de ce bonheur paisible , De ce bonheur profond , sans bornes , inconnu , Où nul homme avant moi n'est jamais parvenu ! Je crois à ces transports que mon ame ravie Consume en un instant le bonheur de ma vie. À peine tout mon cœur suffit à le sentir. Ah ! c'est dans ce moment que je devrais mourir. Toi, qui connais mes vœux, exauce ma prière; Daigne à cette orpheline , ô ciel ! servir de père ! Par moi , par mon amour, rends heureux ses destins ! Tu ne l'as pas remise en de barbares mains.

2o:i OTHELLO.

Pour garder ce trésor, pour mériter sa flamme , Donne-moi les vertus dont tu paras son ame ! Fais qu'en lui ressemblant je puisse mériter Tout l'excès d'un bonheur que j'ai peine à porter!

FIN DU PREMIER ACTE

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