‹ OEuvresChapitre 134 sur 299 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HÉDELMONE, HERMANCE.

HÉDELMONE.

De mon cher Othello voilà donc la demeure? Faut-il qu'en la voyant je frémisse et je pleure ! O combien son aspect me semblerait plus doux , Si j y pouvais trouver mon père et mon époux!

HERMANCE

Puisse Othello hâter un hymen nécessaire , Et le couvrir sur-tout des ombres du mystère !

H ÉDELMONE.

A cet hymen secret il m'invite à marcher,

Et s'occupe des soins qui peuvent le cacher.

Sur moi, dès le berceau, tu veillas, chère Hermance,

2o4 OTIIELL-0.

Et c'est toi de ton lait qui soutins mon enfance.

Qu'il est doux, quand le cœur, de ses ennuis pressé,

Lève à peine le poids dont il est oppressé.

De rencontrer un cœur qui sente nos alarmes ,

Qui plaigne nos douleurs, et s'unisse à nos larmes.

Ma chère Hermance ! . . .

HERMANCE

Eh bien !

HÉDELMONE.

Dès que j'ai vu le jour Tu m'as marqué tes soins , ton zèle , ton amour.

HERMANCE

Hélas ! lorsque votre œil s'ouvrit à la lumière , C'est moi qui dans mes bras vous reçus la première.

HÉDELMONE.

Le ciel , de la vertu ce juste défenseur , M'enleva , tu le sais , et ma mère et ma sœur. Hélas ! . . . et j'ai perdu la tendresse d'un père !

HERMANCE

Croyez-moi , tôt ou tard nous vaincrons sa colère. Ne désespérez pas de la bonté des cieux.

Ma faute maintenant se découvre à mes yeux.

HERMANCE

Le célèbre Othello l'efface de sa gloire. Le reproche se tait an bruit de sa victoire.

HÉDELMONE.

On dit que sur les mers, vers des bords étrangers,

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