‹ OEuvresChapitre 138 sur 299 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

HÉDELMONE, LÔRÉDAN.

HÉDELMONE.

Quoiqu'ici votre aspect ait droit de me surprendre, Je n'ai point refusé, seigneur, de vous entendre. Si votre cœur souffrant cherche à s'ouvrir au raien, Vous pouvez l'épancher dans un hhre entretien ; Parlez. Puis-je savoir quel sujet vous amène? Si le sort , dont souvent le pouvoir nous entraîne , Dans le malheur, si jeune, a voulu vous plonger, Dites par quels moyens je pourrais le changer.

LORÉDAN

Le changer! Non, madame; et le sort trop funeste M'ôta, dans nos malheurs, le seul bien qui nous reste. J'ai perdu tout espoir, et, loin de les guérir. Même en plaignant mes maux , vous pourriez les aigrir.

Quels sont vos vœux? parlez .

LORÉDAN

Dans ces momens d'alarmes Contre les révoltés j'allais prendre les armes, Mourir pour mon pays. Ils ont fait demander Un pardon qu'à l'instant on leur vient d'accorder. Mes désirs sont trahis. Mais on croit à Venise Que l'État en secret médite une entrep'rise.

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