ACTE II, SCÈNE V
Il semble que le ciel vous envoie aujourd'hui
Pour veiller à-la-fois sur sa fille et sur lui.
Ne me refusez pas la grâce que j'implore.
Parlez, courez, volez, il en est temps encore.
Voyez mes pleurs, mon trouble, et mes yeux effrayés;
Je frémis, je me meurs , et je tombe à vos pieds.
LORÉDAN
Vous , à mes pieds ! ô ciel ! Pour sentir vos alarmes Pensez-vous que mon cœur ait attendu vos larmes? Madame, il est donc vrai, je peux vous secourir! Grand dieu! j'aspire à vivre, et non plus à mourir. Ah! ne m'implorez pas : heureux dans ma misère, Je vais donc vous servir; en sauvant votre père, Je crois sauver le mien. Mais ne vous troublez pas. Je cours , je cours vers lui ; je m'attache à ses pas. Mon sang va , s'il le faut , couler pour sa défense ; Et votre estime au moins sera ma récompense.
2i4 OTHELLO.