‹ OEuvresChapitre 147 sur 299 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

HÉDELMONE, seule.

Je ne sais , mais en vain je cherche mon courage :

Ce jour semble à mes yeux se voiler d'un nuage.

J'interroge mon cœur sur ses pressentimens;

Et mon cœur me répond par des frémissemens.

Il semble m'annoncer une sourde tempête ,

Qui naît, s'augmente, approche, et tombe sur ma tête.

Mon père , ah ! sous tes yeux , sans trouble et sans effroi ,

Les jours de mon enfance ont coulé près de toi !

Dieu! s'il allait périr! Ah! d'horreur je frissonne!

Si l'Etat veille ici, jamais il ne pardonne.

Ciel! dans un tel malheur si j'ai pu le plonger,

Fais que sa fille au moins l'arrache à son danger.

On vient. .. C'est ce jeune homme. Hélas ! dans sa misère

222 OTHELLO

Il ne s'accuse point du malheur de son père ! Et moi...

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