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ACTE IV, SCÈNE I

Tu ne sens donc plus rien qui te puisse troubler!

Non... rien.

PÉZARE.

Achève, ami.

OTHELLO, a part.

Je n'ose lui parler.

PÉZARE.

Eh bien?

OTHELLO

Lorsqu'à l'autel, venant pour la conduire, Je cherchais dans ses yeux l'amour qu'elle m'inspire, Elle éprouva soudain un long saisissement. D'où lui naissait ce trouble et ce frémissement? Pourquoi déjà son front, osant me faire injure, A-t-il de mon bandeau dépouillé la parure? Pourquoi son cœur enfin, avec tant de vertu, Toujours sur ce jeune homme avec moi s'est-il tu? D'où vient cette douleur dont elle était saisie?

PÉZARE.

O mon cher Othello , craignez la jalousie!

OTHELLO

Par un si vil tourment je serais agité !

Je cherche seulement à voir la vérité.

Dis : crois-tu qu'en effet, dans l'ardeur qui Tanime,

Ce jeune homme d'un rapt ait médité le crime?

Ne me déguise rien. Parle : que penses-tu?

Serait-ce lui?

PÉZARE.

L'amour fait taire la vertu; Son pouvoir nous entraîne, et la pente est facile. Tu frémis , Othello !

OTHELLO

Qui? moi! je suis tranquille.

Tu crois donc...

PÉZARE.

Que c'est lui qui seul a , dans ce jour. Par sa coupable audace outragé ton amour.

OTHELLO

s il faut qu'à ce rival Hédelmone infidèle Ait remis ce bandeau ! . . . Dans leur rage cruelle , Nos lions du désert, sous leurs antres brûlans, Déchirent quelquefois les voyageurs tremblans... Il vaudrait mieux pour lui que leur faim dévorante Dispersât les lambeaux de sa chair palpitante, Que de tomber vivant dans mes terribles mains.

PÉZARE.

Ah ! tu m'as fait frémir !

OTHELLO

Il suivra ses desseins :

De ses feux tôt ou tard j'acquerrai quelque indice : Et moi-même , à mon choix , lui trouvant un supplice , Je veux le voir alors, souffrant, inanimé, Et l'offrir tout sanglant aux yeux qui l'ont charmé.

PÉZARE.

INIalheureuse Hédelmone! hélas! dans sa furie

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