‹ OEuvresChapitre 169 sur 299 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

OTHELLO

Je suis homme.

PÉZARE.

Hédelmone... Ah! l'injure est mortelle.

Elle est... Ciel! j'en frémis!

OTHELLO

Un seul mot!

PÉZARE.

Infidèle,

OTHELLO

Infidèle ! Et la preuve ? Il faut me la donner.

PÉZARE.

La preuve ! Ce discours a de quoi m'étonner. Qui peut à cet excès porter ta violence? Je viens de te venger, et c'est toi qui m'offense! Oui , mes yeux ont revu ce rival ignoré ; Oui , je 1 ai reconnu , quand je l'ai rencontré. D'un combat entre nous sa fureur fut suivie ; Dans ce juste combat il a perdu la vie , Et sur son corps sanglant j'ai saisi de ma main Ce bandeau , ce billet dont tu connais le seing. {regardant le [i^egardant bandeau. ) le billet. ) Le voilà. Ce billet (de nous rendons-nous maître) De quelque perfidie est la preuve peut-être. Vois, lis.

OTHELLO, lisant le billet.

" Je sais quel est mon outrage envers vous.

25/^ OTHELLO

« À l'hvmen d'Othello je renonce, ô mon père! « Puisse mon repentir calmer vo.re colère! « C'est à votre choix seul à nommer mon époux. « Hédelmoxe. » Il le peut.

PÉZARE.

Un mépris légitime Te force à dédaigner le coupable et le crime; Tu ne sens, je le vois, ni haine ni fureur.

OTHELLO, avec le plus grand calme.

Ami, le désespoir est au fond de mon cœur. Les momens me sont chers. J'aimai ta république; A payer ses bienfaits mon zèle encor s applique. Il lui faut un guerrier qui la serve après moi ; Je peux le désigner : et ce guerrier , c'est toi. Je veux te proposer à ton sénat auguste.

PÉZARE.

Que dis-tu? moi!

Je meurs : c'est l'instant d'être juste. Écoute. D'un vieillard j'ai causé la douleur; Et c'est un repentir que j'emporte en mon cœur. Son ame fst déchirée, au désespoir ouverte. Il fuit; cache ses pas : il vit; préviens sa perte. Oui , c'est le seul mortel , par ma faute affligé , Que jamais Othello croit avoir outragé.

Mais ma mort remettra la paix dans sa famille. Tu rendras ce bandeau , ce billet à sa fille: ( Jl lui montre l'un et l' autre , mais sans les donner. ;

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