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ACTE I, SCÈNE II. 3oi

Prisonnier d'Abufar par le droit des combats, Au sein de ces déserts emmené sur ses pas, Écliappé, jeune encore, aux fureurs de la guerre, À vos ordies soumis par les ordres d'un père, Je viens vous demander ceux que je dois remplir.

ODÉIDE.

Faut-il qu'ainsi le sort vous condamne à souffrir? La force trop souvent n'égale pas le zélé. Combien de fois le cèdre , à la hache rebelle , A-t-il gémi long-temps sous vos coups redoublés! Je vous ai vu, les traits par le soleil brûlés, Avec effort, le soir, pour nos brebis bêlantes, Soulever de nos puits les pierres trop pesantes. Faites-vous, Pharasmin, aider dans vos travaux.

PHARASMIN.

Vos égards, dès long-temps, ont adouci mes maux.

Eloigné de la Perse , au sein de l'Arabie ,

Votre pitié pour moi m'a rendu ma patrie :

Votre père me voit , me traite avec bonté ;

Je ne m'aperçois point de ma captivité.

Il daigne comme un fils ra'admettre en sa famille.

J'obéis par son ordre aux ordres de sa fille.

Ces tentes, ces chameaux, ce désert m'est sacré :

Ce cœur, le ciel m'entend, n'a jamais murmuré.

Je rends grâce à mon sort. La peine que j'endm'e

N'est qu'un bienfait de plus , et non pas une injure.

Ah ! malgré sa rigueur, sans doute il m'est trop doux

De remplir des devoirs qui sont prescrits par vous.

3o2 ABUFAR.

SALÉMA.

Quel discours! Sa douceur, sa fierté, son courage, Mais sur-tout sa vertu, sont peints sur son visage. Ah ! le cœur le plus tendre et le plus généreux Ne nous préserve pas d'un destin malheureux.

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