ACTE I, SCÈNE V. 3i
Votre souffle perdu dans les airs enflammés; Mes pas pressaient vos pas sur le sable imprimés. Vous ignoriez mes feux , mes soupirs et mes larmes. C'est moi qui vous apprends le pouvoir de vos charmes. Le ciel a mis pour moi dans le môme séjour La beauté, le bonheur, rinnocence et lamour. On dirait que le ciel tous deux nous y rassemble Pour nous voir, nous aimer^ pour y mourir ensemble. Je ne sais, et je cherche, en des transports si doux, Si je vis dans moi-même , ou si je vis dans vous. Oui, j'obtiendrai la main d'Odéide attendrie, Ou je cours dans la Perse oublier TArabie. L'oublier! non, jamais. Un mot peut m'avertir Si je dois maintenant ou rester ou partir.
ODÉIDE.
Vous savez, Pharasmin, par quelle obéissance
Nous devons de mon père honorer la puissance.
Sa bénédiction, ce bien si précieux.
Tous les matins sur nous descend du haut des cieux.
Il aime avec transport la terre qu'il habite,
Et Pharasmin, hélas! n'est point Samaélite.
Je crains... mais cependant...
PHARASMIN.
Les momens sont comptés.
ODÉIDE.
Quoi! les chameaux sont prêts?
PHARASMIN.
Je vais partir.
3i6 ABUFAR.
ODÉIDE.
Restez.
Mais j'entends quelque bruit. On approche; je tremble Qu'en ce moment tous deux on ne nous voie ensemble. C'est toi, Gemma!