ACTE II, SCÈNE VIT. ?.3r
De cent peuples nourris dans le mépris des mœurs? Et voilà tes forfaits. Rebelle à la nature, Rebelle à ton pays, barbare, ingrat, parjure...
FARIIAN.
Barbare! ingrat!
AliUFAR.
Tu Tes. Par les mœurs consacrés, Ces murs n'avaient point vu d'enfans dénaturés.; Le ciel jusqu'à ce jour n'en avait point fait naître : Un seul , un seul parut, et mon fils devait l'être.
FARHAN.
Savez-vous, savez-vous pourquoi je vous ai fui? Je vous quittais alors, je vous quitte aujourd'hui : Un ascendant fatal, terrible, que j'abhorre, M'a ramené vers vous, et m'en éloigne encore. Adieu.
Tu resteras.
FARHAN.
Non.
Je t'en fais la loi.
Non.
J aurai les moyens de m'assurer de toi.
FARHAN.
C'est la fuite, la fuite, ou la mort que j espère.
Adieu.
( // ^'a pour s échapper. ) A B u F A R , courant à lui, le saisissant et le serrant sur son sein.
Tu resteras dans les bras de ton père ; Oui , dans mes bras , cruel ! tu n'en sortiras plus : Tu ferais, pour me fuir, des efforts superflus.
F A R H A N , étonné j, hors de lui. Qui me retient?
C'est moi. Ta résistance est vaine ; Mon cœur presse ton cœur , mes bras forment ta cliaine ,' Voilà le seul lien qui t'arrête avec nous. Veux-tu partir, Farhan?
FARHAN.
Je mourrai près de vous.
Va, tout est oublié. Séchons tous deux nos larmes. Si le joug de l'hymen a pour toi peu de charmes , Diffère , j'y consens , mon fils , à t'en charger; Peut-être ce dégoût n'est-il que passager : Mais calme auprès de moi cette fougue orageuse D'une ame trop ardente et trop impétueuse. Reste avec Ténaïm , près de moi , de tes sœurs , Qui t'ont, même en ce jour, servi de défenseurs. îSous perdons Pliarasmin : tu l'estimes, je l'aime; Je viens de l'affranchir, de le rendre à lui-même :