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SCÈNE PREMIÈRE

FAR H AN, seul.

Saléma va venir. Farhan, que vas-tu faire?

Pourras-tu l'acquitter des ordres de ton père?

Quoi! c'est Thymen, l'hymen qu'il lui faut proposer!

Et c'est moi, Saléma, qui dois t'y disposer!

Que viens-je ici chercher? Quelle est mon espérance?

Qu'ont de commun entre eux le crime et linnocence?

Serait-il un instinct dont l'horrible pouvoir

Formât l'attrait du crime et l'ennui du devoir?

Quoi ! je brûle ! et pour qui? pour ma sœur ! oui , pour elle !

Je cache, en l'abhorrant, ma flamme criminelle...

Quel est donc, Saléma, ce chagrin si profond

Qui trouble ton esprit, l'accable, le confond?

Mais si le long ennui que ton front fait paraître

Etait né de 1 amour... U le cache, peut-être.

34o A BU FAR.

Qui sait si sa langueur...? Non, non, ce Pharasmin

De la Perse jamais ne prendra le chemin.

N'ai-je pas observé ses yeux pleins de tendresse

Dans ceux de Saléma confondre leur tristesse;

La rechercher, la suivre, à regret la quitter?

Saléma le retient, je n'en saurais douter.

J'ai vu dans ses regards, dans son ame inquiète,

Les signes trop certains d'une flamme secrète.

Se pourrait-il?... O ciel! je sens que mon courroux...

Est-ce à toi , malheureux ! à toi d'être jaloux?

Je ne m'étonne plus si le ciel me déteste ;

Si mon père a frémi de mon aspect funeste.

Ciel ! venge la nature : arrache-moi le jour,

Avant que je déclare un si coupable amour.

Que je crains le moment de nous trouver ensemble !

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