‹ OEuvresChapitre 226 sur 299 · ACTE Iir SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE Iir SCÈNE IV

Sur lui , lorsque tantôt je t'ai dit mes desseins, Tu n as pas témoigné ces injustes dédains.

FARHAN.

Eh bien! je dévorais une haine funeste. Malheur à l'ennemi que ma rage déteste !

Songe que dès l'instant qu'il a touché ma main, Il est pour nous un frère, et non plus Pharasmin.

FARHAN.

Il ne vous reste plus qu'à l'accepter pour gendre,

S'il desirait ce nom ; s'il cherchait à me rendre Les respects et les soins d'un fils respectueux ; Si , brûlant en secret d'un amour vertueux...

FARHAN.

Je ne souffrirai point qu'un étranger s'allie À ce sang généreux qui m'a donné la vie , À ce sang de ma race , à ce sang d'une sœur, Ce sang qui la fit naître et qui coule en son cœur. J'ai droit de soutenir l'honneur de ma famille. D'Abufar, en un mot , tu n'auras point la fille.

De quel front sous tes lois me croyant enchaîner.,.

FARHAN.

Avant de l'obtenir, il doit m'exterminer.

Moi seul je peux ici disposer de ma fille;

35o ABUT/VR.

Moi seul je parle en maître au sein de ma famille.

{a Pharasmin.) Ton secret m'est connu : je te donne en ce jour, Avec le nom de fils , l'objet de ton amour.

F A R H A N , tirant son sabre .

Ah ! plutôt dans son sang que ce fer se rougisse !

ABLFAR.

Arrête , malheureux !

FARHAN.

Qu'il même, qu'il périsse.

Défends, défends tes jours.

PHARASMIN, tirant son cpée.

Eh bien ! dans mon courroux . . .

( // remet son épée à Ahafar. ) C'est le sang d'Abufar que je respecte en vous.

FARHAN.

Va, de ce vain respect ma fureur te dégage.

Quoi ! je verrais ma sœur en proie à cet outrage !

Ne crois pas m'échapper par ce lâche détour.

Viens mourir de ma main , ou m'arracher le jour.

O mes sœurs!.,. Odéide, ayez pitié d'un frère;

Point d'hymen, ou mon sang. .. INIais que dis-je ?ô mon père !

Me taire, m'abhorrer, vous fuir, voilà mon sort;

Voilà mon seul espoir; je vais chercher la mort.

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