SCÈNE V
PHARASMIN, FARHAN.
FARHAN, auec un grand calme.
Ah ! c'est toi , Pharasmin ! Mon père sans alarmes Avec la liberté m'a fait rendre mes armes. Plus calme maintenant, je confesse entre nous Que tantôt j'ai trop cru mon aveugle courroux. Hélas! pour mon malheur le ciel me fit extrême : Il est de ces momens où l'on n'est plus soi-même : Devant mes propres yeux je suis humilié. J'eus tort : pardonne-moi.
362 ABUIAR.
PHARASMIN.
Va, tout est oublié.
Ta main , Farhan !
FARHAN.
Ami, ta flamme est léjjitime.
Ma sœur peut te chérir, tu peux l'aimer sans crime; Et mon père , crois-moi , s'il écoute mes vœux , ]Se retardera pas le bonheur de vos feux.
PHARASMIN.
Pour son gendre Abufar voudra me reconnaître !
FARIIAN.
Tu deviendras son fils... son fils... le seul peut-être... Adieu, cher Pharasmin.
PHARASMIN,
Où vas-tu donc, Farhan?
FARHAN.
Retrouver près d'ici mon coursier qui m'attend ,
Cet ami généreux qui va , loin de ta vue ,
Prêter tous ses secours à ma fuite imprévue ,
Sans appareil , sans bruit , plus prompt que les éclairs ,
M'emporter pour jamais au fond de nos déserts!
Il est certains momens à saisir dans la vie.
A mes vœux pour jamais je sais qu'elle est ravie ,
Je ne la verrai plus. Oh ! non ; jamais ces Heux
Ne m'offriront sa grâce , et ses traits , et ses yeux ;
Non , jamais ; c'en est liiit.
PHARASMIN, hpart.
Dieu ! quelle horrible flamme '.