ACTE IV, SCÈNE VIII. SyS
Quoi! n'as-tu pas compris, clans tout notre entretien,
Tout l'excès d'un amour qui répondait au tien?
Dans mes regards au moins n'as-tu donc pas su lire?
Mon air, mes yeux, ma voix, tout devait t'en instruire.
Oui , sous ces deux palmiers d'où je t'ai vu partir,
J'allais chercher l'espoir de te voir revenir.
Je regardais au loin, j'interrogeais l'espace.
De tes pas vers mes pas je rappelais la trace.
Je hâtais , je pressais , j'implorais ton retour.
Je t'attendais la nuit, je t'attendais le jour.
Je te disais tout bas : Oui , ta vie est la mienne ;
Viens me rendre mon ame errante avec la tienne.
Mes vœux sont exaucés; enfin je te revoi.
Mon cher Farhan , mon frère ! O cieux ! écrasez-moi !
FARHAN.
Anéantissez-nous ! c est ma sœur!
C'est mon frère !
O cieux ! cachez ma honte au centre de la terre ! Un moment , malgré moi , mon cœur s'est égaré.
FARHAN.
La vertu, le devoir, dans le mien est rentré.
SALÉMA.
Notre crime est horrible.
FARHAN.
Il est involontaire.
SALÉMA.
Où fuir?
FARIIAN.
J'entends tlu bruit.
SALÉ M A
On vient.
FARHAN.
Dieu ! c'est mon père !