‹ OEuvresChapitre 248 sur 299 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Après ce vers c/c s a l É 5i a .

Par'un charme plus doux que votre libellé?

FARHAN.

Ma sœur, tu vois dici les tombeaux de nos pères. Où tu pleuras souvent sur des cendres si chères; Tu vois ces froids cercueils, ce séjour du repos Où vont de nos désirs se briser tous les flots; Ce port de la vertu que le malheur implore : Qu'à l'instant sous tes veux le trépas me dévore, Si l'amour ou l'hymen, quels que soient ses attraits, Par le moindre serment peut ra'enchaîner jamais! saléma.

{^cachant sa joie. )

Je vous crois. Mais d'où vient que vos yeux pleins de larmes A fixer ces tombeaux semblent trouver des charmes? Est-ce à vous, libre, errant, fougueux dans vos désirs, A goûter comme moi ces funestes plaisirs? Cette douleur, hélas! peut-elle être la vôtre?

FARHAX.

Les extrêmes, ma sœur, sont bien près l'un de l'autre?

SALÉMA.

Vous allez être encor loin de nous entraîné?

FARHAN.

Mon sort, en tous les lieux, est d'être infortuné.

SALÉ M A

Infortuné! comment?

FARHAN.

Crois-moi, dans leur furie, Les cœurs les plus ardens ont leur mélancolie. Dans un songe pénible, abusés par leurs vœux, Ils traînent l'impuissance et l'espoir d'être heureux. Leur obstacle au bonheur, c'est leur vertu peut-être. Ce n'est que pour souffrir que le ciel les fit naître. Leur sensibilité les trouble et les détruit. Emportés par l'attrait d'un bonheur qui s'enfuit, Ils embellissent trop une image si chère. Ce qu'ils aiment s'échappe, ou n'est point sur la terre; La terre sous leurs pas fait germer tous les maux. Ah! nos pasteurs errans, suivis de leurs ti-oupeaux, De déserts en déserts parcourent l'Arabie; De douleurs en douleurs je traverse la vie.

SALÉ M A

Farhan ! mon cher Farhan !

FARHAN.

Oh ! que dès mon berceau N'ai-je suivi ma mère au fond de son tombeau!

SALÉMA.

Comme une fleur, hélas ! je la vis disparaître.

FARHAN.

Comme une fleur; hélas! tu vas tomber peut-être!

SALÉMA.

Tu me regretterais! Tu m'aimes donc?

FAR H AN

O cieux!

Si je t'aime!

SALÉMA.

Des pleurs obscurcissent tes yeux.

o Saléma!... ma sœur!...

SALÉMA.

Que ce mot a de charmes!

PARHAN.

Non; tu ne connais pas la source de mes larmes.

SALÉMA.

Quel est donc ce secret?

FARHAN, la serrant sur son sein.

Viens dans mes bras , etc.

(Même scène.)

SALÉMA, après ce vers :

Saléma pour Farhan, Farhan pour Saléma.

Nous pourrons tous les deux, empressés à lui plaire, Couvrir de nos respects la vieillesse d'un père, Honorer Ténaïm, lui payer tout le soin Dont long-temps sous ses yeux notre enfance eut besoin. Allons, n'attendons pas, etc.

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