THÉSÉE, ARCAS
ARCAS
Où courez-vous, seigneur, par la terreur frappé? D'où vous vient cet effroi , ce front préoccupé , C« visage abattu, couvert par la tristesse? Votre père accablé d'une longue vieillesse. L'objet de tant de soins, d'un respect assidu, Egée aux sombres bords serait-il descendu? Pour Antiope , hélas ! votre fidèle épouse , Craignez-vous les regards de la Parque jalouse? Ou l'ainé de vos fils , Hippolyte au berceau , Est-il près de sentir son funeste ciseau?
Quel noir pressentiment, quel chagrin, quelle peine Fait gémir en secret le défenseur d'Athène? Seigneur, vous frémissez !
THÉSÉE
Que dis-tu? moi!
ARCAS
Je sens De votre voix, seigneur, s'altérer les accens. Ah! redouteriez-vous quelques complots impies?
THÉSÉE
Tu vois près de ces lieux le temple des furies,
ARCAS
Hé ! pourquoi son aspect blesserait-il vos yeux? Nous devons leurs autels à l'équité des dieux. J'aime à leur voir punir l'assassin , le parjure. Où le crime pâlit, la vertu se rassure. Vous voulez me parler?
THÉSÉE, àpait.
Non, ce n'est rien.
ARC AS
• Seigneur.
Depuis quand craignez-vous de m'ouvrir votre cœur?
THÉSÉE
Ce songe me trompait.
ARCAS
Quoi ! c'est vous ! c'est Thésée Uont l'ame est d'une erreur, d'un vain songe abusée ! C'est vous! l'ami d'HerciJe! Al» ! vainqueur tant de fois,