ACTE I, SCÈNE II
Par son air, par sa grâce , on se laisse charmer; Mais quand son œil se trouble, on frémit de Taimer. Dans ses mobiles traits, où tout fuit et tout change, Le crime et la vertu font un affreux mélange. Dans un bois , près du temple à Minerve élevé , Quand il se croyait seul , je Tai seul observé. Je ne sais quel ennui, quelle morne tristesse Flétrissait sur son front les fleurs de la jeunesse. Croissant à chaque pas, ses maux semblaient l'aigrir. Il s'arrête, il soupire, il paraît s'attendrir, Et de rage soudain son regard étincelle. De ses sombres transports l'accès se renouvelle; Son œil devient sanglant, terrible; et ses cheveux Se dressent en fureur sur son front ténébreux. Il croit avoir vaincu l'ennemi qu'il abhorre ; Il l'observe mourant , sourit , le perce encore , L'insulte, et semble boire, à ses flancs attaché . Sans apaiser sa soif, le sang qu'il a cherché. J'ai peine à déguiser la terreur qu'il m'inspire : Auprès de vous, seigneur, faudra-t-il l'introduire?
THÉSÉE
La haine est sou tourment, c'est son plus grand danger; Et contre lui sur-tout je dois le protéger. Va l'avertir. Phénix; il peut ici se rendre.
( Phénix sort. ) Laisse-moi seul, Arcas, et le voir et l'entendre.
4oo OEDIPE À COLONE.