THÉSÉE, POLYNICE
THÉSÉE
Noble et jeune étranger, quel sort injurieux, Seul et sans appareil, vous amène à mes yeux? Pourquoi sur-tout , pourquoi , cachant votre naissance , Avec un front troublé cherchez-vous ma présence? Quel étonnant dessein , que je ne connais pas , En secret dans Atliène a pu guider vos pas?
POLYNICE
Sorti d'un sang illustre , et que la Grèce honore ,
J'ai près de vous, seigneur, un autre titre encore,
C'est celui du malheur; et, pour le conjurer,
J'espère vos secours , et viens les implorer.
Sans que je nomme ici le sang qui m'a fait naître,
Vous sentirez pour moi quelque intérêt peut-être ,
En apprenant le nom de l'indigne ennemi
Dont un astre fatal m'avait rendu l'ami ;
D'un ennemi parjure, ingrat, lâche, implacable,
Qui toujours, sans rien craindre, et toujours indomptable,
Croit fouler sous les pieds la nature et les lois.
Il me rendra bientôt mon honneur et mes droits.
Ce n'est que dans son sang, qu'éteignant ma colère...
THÉSÉE
Vous le haïssez trop pour n'être pas son frère.