ACTE II, SCÈNE H
OKDIPr.
O Jocaste! ô mère malheureuse! Que tu prévoyais bien ma destinée affreuse! Et toi, berceau sanglant où j aurais dû périr, Rocher du Cyt^éron, j'y reviens pour mourir,
ANTIGONE
Hélas!
OEDIPE
Es-tu content? j'ai massacré mon père, J'ai profané l'hymen pai^ l'hymen de ma mère : Du fond de tes déserts je sortis vertueux; y Y retourne assassin, proscrit, incestueux, Traînant par-taut mes maux, mes forfaits, mes ténébres. Entends mes derniers ^ œux , entends mes cris funèbres !
ANTIGONE
Ociel!
OEDIPE
De mon tombeau je me vais emparer; Voilà, voilà la pierre où je dois expirer.
ANTIGONE
Quelle horreur !
OEDIPE
Je ne veux, lorsque ma mort s'apprête.
Que l'abri d'un rocher pour y cacher ma tête.
ANTIGONE
Mon père I
OEDIPE
Tout s'ébranle à mon funeste nom.
ANTIGOKE.
Mon père, écoutez-moi!
OEDIPE
Cythéron ! Cy théron !
ANTIGONE
Dissipez vos terreurs, sortez de ce supplice. Souffrez...
OEDIPE
Retire-toi , malheureux Polynice !
Viens-tu dans ces déserts , par un forfait nouveau , Pour m'en fermer l'accès, t'asseoir sur mon tombeau? Viens-tu me disputer un repos que j'implore, Et forcer ma vengeance à te maudire encore?
ANTIGONE
c'est Antigone, hélas! qui vous embrasse ici.
OEDIPE
Les cruels ! . . . On m'entrame. . . et toi , ma fille , aussi ; Tu braves mes sanglots, tu braves mes prières; Tu te joins contre OEdipe à tes barbares frères! Après tant de bienfaits , après tant de secours , Tu t'es lassée enfin de consoler mes jours ! Vois mon triste abandon, mes pleurs, ma solitude; Le plus grand de mes maux est ton ingratitude.
ANTIGONE
Connaissez mieux mon cœur, ma tendresse, ma foi. Je vous tiens dans mes bras : détrompez- vous.
OEDIPE
C'est toi!