ACTE II, SCÈNE III
LE PREMIER HABITANT
Oui. Vous tremblez !
OEDIPE
C'en est fait... Ah , ma fille !
ANTIGONE
Hélas !
LE PREMIER HABITANT
• Vous VOUS troublez !
ANTIGONE
Laissez-nous de nos maux vous cacher le principe.
Je ne me connais plus.
LE PREMIER HABITANT
Je reconnais OEdipe.
LE DEUXIÈME HABITANT
OEdipe ! vous ! sortez , abandonnez ces lieux.
LE PBEMIER HABITANT.
De loin sa seule approche a soulevé nos dieux,
ANTIGONE
Que faites-vous , cruels ?
LE DEUXIÈME HABITANT
Il a tué son père.
LE PREMIER HABITANT
Ses fils doivent le jour à l'hymen de sa mère.
ANTIGONE
Ce n'est pas son forfait, c'est celui du destin.
LE PREMIER HABITANT
îs'importe, il est commis.
,,'îi6 OEDIPE A COT.ONE.
LE DEUXIÈME HABITANT
Chassons cet assassin.
Nous maudissons Laïus, OEdipe, et sa famille.
'Ne m'ôtez pas du moins ma malheureuse fille.
LE DEUXIÈME HABITANT
Qu'on Tentraîne.
OEDIPE
Antigone, ah! ne me quitte pas; Penche-toi sur mon sein, serre-moi dans tes hras. {yiiitigOTie tient son père étroitement embrassé. ) LE PREMIEB HABITANT, arrachant OEdipe des bras de sa fille.
Notre religion...
OEDIPE
Quoi, monstre! quoi, parjure!
Tu peux parler des dieux en bravant la nature !
LE DEUx|lÈME HABITANT.
C'en est trop.
ANTIGONE. r
Excusez une aveugle douleur.
Il souffre , il €st aigri ; c'est l'effet du malheur : Qu'importe sa naissance , ou comment on le nomme ! C'est un père, un vieillard, un malheureux, un homme. ( OEdipe tombe à demi renversé sur le débris de rocher ou on la vu d'abord assis. )