SCÈNE IV
OEDIPE, ANTIGONE, deux Habitans du bourg de colone, peuple; thésée, Gardes.
C'est vous, c'est vous, Thésée! ah! nous laisserez-vous Opprimer par ce peuple hrité contre nous? En voyant ce vieillard, songez à votre père.
THÉSÉE, aupeuple.
Arrêtez, malheureux, ou craignez ma colère.
ANTIGONE
[àTJiésée.) [aOEclipe.)
Seigneur, je cours à lui... Mon père, entends ma voix : Reçois encor mes soins pour la dernière lois : C'est moi , c'est ton soutien , ton guide , ta famille : J'expire, si tu meurs.
OEDIPE
J'embrasse encor ma fille!
ANTIGONE, a OEdipe.
Ah! revenez à vous; Thésée est dans ces lieux; Il contient les transports d'un peuple furieux : Il prête ses secours à vous, à votre guide.
OEDIPE
Mais quel est son garant?
THÉSÉE, prenant et serrant la main cU Œdipe. Je fus l'ami crAlcide.
OEDIPE
Thésée, est-il bien vrai? quoi donc! votre bonté Nous accorde un asile et l'hospitalité!
THÉSÉE
Faut-il qu'un tel bienfait vous frappe et vous étonne? J'ai pour vous le respect et le cœur d'Antigone.
La tendre humanité ne peut aller plus loin ; Les dieux reconnaîtront un si généreux soin. Vous offrez tous les deux la vertu la plus pure : L'un honore le trône, et l'autre la nature.
THÉSÉE
Je plains plus que jamais les princes malheureux.
OEDIPE
Qu'allez-vous faire, hélas! prince trop généreux? Le peuple est alarmé : peut-être ma présence Entre ce peuple et vous romprait l'intelligence : Sur vous si quelque orage était près d'éclater, Moi-même à mes destins je pourrais l'imputer. Vivez ; que votre hymen laisse à votre famille Quelque appui généreux qui ressemble à ma fille ; Qu'il égale à jamais , par ses félicités , %. Et ma reconnaissance, et mes calamités.
Mon Antigone, allons, conduis encor ton père.
THÉSÉE
Non, restez j pour patrie adoptez cette terre.