ACTE II, SCÈNE IV
OEDIPE
Souvenez-vous de Thêbe.
THÉSÉE
Il n'en est plus pour vous.
L'univers vous poursuit; le ciel sera pour nous. Vos malheurs sont vos droits, vos vertus sont vos titres. Entre le peuple et moi que les dieux soient arbitres.
Eh bien! j'obéis donc. Écoutez-moi, grands dieux! J'ose au moins sans terreur me montrer à vos yeux. Hélas! depuis l'instant oii vous m'avez fait naître. Ce cœur à vos regards n'a point déplu peut-être. Vous frappiez, j'ai gémi. J'entrerai sans effroi Dans ce cercueil trompeur qui s'enfuit loin de moi. Vous savez si ma voix, toujours discrète et pure, S'est permis contre vous le plus faible murmure : C'est un de vos bienfaits , que , né pour la douleur , Je n'aie au moins jamais profané mon malheur. Vous voyez que ce corps et chancelle et succombe : Où daignez-vous enfin m'accorder une tombe? Répondez à ma voix, tristes divinités.
( On entend le bruit de plusieurs tonnerres souterTainSj
mêlés à des cris de douleur et ci des accens lamen-'
tables. )
ANTIGONE
Tonnerres, feux vengeurs, dieu terrible, arrête»: Qui peut dans ce moment armer votre colère?
43o OEDIPE À COLONE.