SCÈNE IL
MACBETH, MALCOME.
MACBETH
C'est vous, prince, c'est vous! dans ce profond silence. Sous ces voûtes , la nuit, qui peut vous amener?
M.\LCOME.
Hélas!
MACBETH
Où courez-vous?
MALCOME.
Non , je ne puis régner.
Laissez-moi m'échapper de ce palais funeste.
MACBETH
Mais le trône est à vous.
MALCOME.
Eh bien ! je le déteste !
Je ne veux point quitter mes tranquilles forêts.
MACBETH
Qui peut donc exciter ces sensibles regrets?
78 MACBETH
MALCOME.
Le vertueux Sévar, qui m'a servi de père.
MACBETH
Mais Duncan fut le vôtre.
MALCOME.
Ah! dans un sort vulgaire Si le ciel plus propice eût caché son destin , ' Il n'eût jamais senti le fer d'un assassin.
MACBETH
Plaignez les criminels, le remords les déchire.
MALCOME.
Qu'est-ce que le remords?
MACBETH
Je pourrais vous le dire...
Ignorez-le toujours. Mais, prince, quels attraits Vous entraînent enfin vers vos tristes forêts? Quel charme trouviez- vous dans ce désert horrihie?
MALCOME.
Tout ciel est agréable où notre ame est paisible.
MACBETH
Quels étaient vos plaisirs?
MALCOME.
La paix, la liberté; Parmi mes compagnons la douce égalité.
Par d'utiles travaux la pauvreté vaincue , L'innocence en danger par mes mains défendue, Quelquefois un mortel de sa route écarté k qui j'offrais l'asile et l'hospitalité.