SCÈNE PREMIÈRE
HUBERT, seul.
j iE roi paraît troublé. Que craint-il? Et pourquoi Veut-il s'entretenir avec Névil et moi?
Assiégé de terreurs , tremblant pour sa couronne , Est-ce encor des complota , des forfaits qu'il soupçonne'
io4 JEAN SANS-TERRE.
Haï de ses sujets, timide et furieux, Tout est piège, révolte, ou poignard à ses yeux. Triste sort d'un tyran mal sûr du diadème! Plus son peuple frémit, plus il frémit lui-même. Faut-il qu'en cette tour (devoir trop rigoureux! ) J'observe de si près les pleurs des malheureux! N'importe : demeurons dans ce séjour du crime. Peut-être j'y pourrai sauver quelque victime. Auprès d'un roi cruel , de son peuple ennemi, L'innocence à toute heure a besoin d'un ami.