ACTE III, SCÈNE II
Ah ! plût au ciel , Hubert , que vous fussiez mon père ! Car vous m'aimeriez, vous.
HUBERT
Moi!
ARTHUR
Quel regard sévère !
Vous aurais-je offensé?
HUBERT
Non.
ARTHUR
Pourquoi donc, hélas !
Votre œil est-il changé, si le cœur ne Test pas? Don vient donc que pour moi vous n'êtes plus le même? N'aimez-vous plus Arthur autant qu'Arthur vous aime?
HUBERT
Qui vous a dit...
Sur moi tournez des yeux plus doux :
Les miens se plaisent tant à s'arrêter sur vous !
HUBERT, à part.
0 douleur ! ô pitié !
ARTHUR
Vous avez quelque peine, Hubert, j'en sais la cause, et crois que c'est la mienne,
HUBERT
Comment?
ARTHUR
Dans ma prison , au travers de ces murs ,
i4o JEAN SANS-TERRE.
Où l'œil peut pénétrer par des détours obscurs , J'ai vu...
HUBERT
Quoi !
ARTHUR
(La terreur est encor dans mon ame! ) Un fer que des soldats rougissaient dans la flamme. Est-il vrai, cher Hubert? Par ce fer quelquefois On dit que de la vue on a privé des rois. Ces soldats me font peur; leur front dur et barbare... Hélas! dans cette tour qu'est-ce donc qu'on prépare?