‹ OEuvresChapitre 97 sur 299 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

HUBERT, seul.

O charmes ! ô prodige !

Quel cœur à la pitié ne se serait rendu? Mais ce tigre qui veille... Hélas! il est perdu. Ah ! si sa mort au roi n'était pas nécessaire ! S'il cessait d'écouter sa frayeur sanguinaire ! Si , dans la crainte enfin de son propre danger , Il retenait le fer dont il veut l'égorger! Que dis-je? Ai-je oublié qu'il s'arma contre un père , Qu'il chercha, le perfide, à détrôner son frère, Richard , qui lui légua , par ce fourbe trompé , Le sceptre des Anglais, sur Arthur usurpé? Il craint sans doute , il craint que tout Londre en alarmes Pour la mère et le fils ne prenne enfin les armes. Il va les éloigner; il va, ce tigre affreux. Sous les murs de Pomfret les immoler tous deux. Non , non : à sa pitié je ne dois point m'attendre. Plus il versa de sang, plus il doit en répandre. Et depuis quand les rois, par l'orgueil emportés.

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