‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 118 sur 167 · I-ÉONORE · texte numérisé non relu

I-ÉONORE

Un autre amant, sans résistance. Remporte le prix le plus doux , Que méritait votre constance.

RODOLPHE

Nommez-moi seulement le rival qui m'offense , Et laissez agir mon courroux.

LÉOWORE.

L'affront est égal entre nous ;

Je veux partager la vengeance.

Un ingrat me jurait de vivre sous mes lois ;

Je me flattais de ce bonheur extrême; On se laisse aisément tromper par ce qu'on aime , Lorsque l'on est trompé pour la première fois. A ce perfide amant Isabelle a su plaire , Et Léandre à ses yeux...

RODOLPHE

O ciel; que dites-vous ?

i56 LE CARNAVAL DE VENISE.

EÎTSEMBLE.

Que l'amour dans nos cœurs se transforme en colère ! Vengeons-nous , hâtons nos coups :

La vengeance qu'on diffère Perd ce qu'elle a de plus doux.

LÉONORE , à part.

Et toi; sors de mon cœur, indigne et faible reste D'une impuissante ardeur ; Ne me parle plus eu faveur D'un perfide que je déteste.

RODOLPHE , a part.

J'étoufferai la voix d'une pitié funeste

Qui crie en vain dans le fond de mon cœur,

EK^SEMBLE

Que l'amour dans nos coeurs se transforme en colère ! Vengeons-nous , bâtons nos coups:

La vengeance qu'on diffère Perd ce qu'elle a de plus doux.

RODOLPHE

E.ien ne peut s'opposer à mon impatience ; Allons , courous à la vengeance.

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