‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 119 sur 167 · ACTE II, SCENE III. iS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. iS

CTest la Fortune ici qui nous appelle.

Son pouvoir peut combler nos vœux , Tous les biens volent autour d'elle ; C'est elle qui nous rend heureux.

IIA. FORTUNE.

Je suis fille du sort, inconstante et légère; Tout fléchit sous ma loi.

De tous les dieux que le monde révère , Quel autre a plus d'encens que moi?

Je traîne à mou char la victoire ; Je brise , quand je veux , des troues éclatans ;

£t je puis, à tous les iustaus , Par quelque événement éterniser ma gloire.

Venez implorer mon secours , Amans qu'un triste sort accable; Je fais naître à mon gré le moment favorable Que, sans moi, l'on attend toujours. ( Entrée de suivons de la Fortune. )

TJW MASQUE.

De tes rigueurs , Ni de tes faveurs, Fortune itïconstante , Je ne crains rieu , rien ne me tente ; Tout ton pouvoir Ne fait ni ma crainte , ni mon espoir.

Le bien qui peut enchanter mon ame Est de brûler d'une constante flamice ,

i58 LE CARNAVAL DE VENISE.

Et d'allumer de semblables feux.

Deux yeux Toucbaas , Cbarmans , Élèvent mon sort anx cieux ; Sans cesse je les implore, Je les adore ; Ce sont Oies rois , ma fortune , et mes dieux.

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