ISABELLE, RODOLPHE
ISABELLE , croyant parler a Léandre.
Je cède à mon impatience ; Et, taudis que la nuit triomphe encor du jour,
i6î LE CARNAVAL DE VENISE.
Cher Léandre, je viens, conduite par l'amour. Vous dire de mes feux toute la violence. Quel plaisir de tromper et les soins et les yeux D'un jaloux importun qui m'obsède en tous lieax!
Que je le hais! que son amour me gêne! Rien n'est comparable à la haine Que je ressens pour ce jaloux, Que l'amour violent dont je bn'ile pour vous.
RODOLPHE
Ingrate!
ISA.BELLE
Ah ciel !
KODOLPHE.
Ma voix t'étonne.
Je sais les trahisons où ton cœur s'abandonne.
ISABELLE
Si le sort trahit votre espoir, C'est à vous qu'il faut vous en prendre ; Pourquoi cherchez-vous à savoir Ce qu'on ne veut pas vous apprendre?
RODOLPHE
O dieux !
ISABELLE
Ne m'aimez plus ; rompez , rompez des nœuds Qai ne sauraien*- vous rendre heureux.
RODOLPHE
Puis-je briser la chaîne qui m'accable?