ACTE II , SCENE VIII. i
Mon cœnrpar vos attraits s'est trop laissé charmer ; Si vous ne voulez pas m'aimer, Souffrez du moins que je vous trouve aimable.
Je veux vous adorer, malgré moi, malgré vous; J'espère que le temps rendra mon sort plus doux.
ISABELLE
Dans mes yeux vous avez pu lire Le sort que vous gardait mon cœur.
Jamais d'aucun regard flatteur Ai-je entrepris de vous séduire?
Ah! quand ou ressent quelque ardeur, Les yeux sont-ils si long-temps à le dire ?
RODOLPHE
Pour rendre le calme à mes sens , Et pour payer l'amour dont mou ame est atteinte , Dites que vous m'aimez , trompez-moi, j'y consens ; Cette fausse pitié, cette cruelle feinte , Peut-être calmeront les douleurs que je sens.
ISABELLE
C'est une peine, quand on aime , D'avouer un penchant qu'on trouve plein d'appas;
Ce serait un supplice extrême De déclarer des feux que l'on ne ressent pas.
RODOLPHE
Mon tendre amour de votre haine Ne sera-t-il jamais victorieux ?
Vous gardez le silence, insensible! iuhunKine!
i()4 LE CARNAVAL DE VENISE.
ISi.BEI.LE.
L'aurore va paraître, il faut quitter ces lieux.