STANCES
HiiT ce temps malheureux , où tout le genre humaio, La flamme et le fer à la main, Ne travaille qu'à se défaire , On ne saurait trop honorer Ceux qui , d'humeur plus débonnaire , Ke cherchent qu'à le réparer.
L'iiynien , pour repeupler la terre , Au lieu d'un vaiu Lonueur que vous offre la guerre,
Vous donnera de vrais plaisirs.
Ou ne trouvera point votre nom dans l'iiistoire :
Mais vivre au gré de ses désirs Vaut bien mieux qu'une mort avec un peu de gloire.
IS'e divertissez point les fonds Destinés pour la paix de votre mariage : Encore aurez vous peine , usant de ce ménage , A payer toutes les façons Que demande un si grand ouvrage.
Pour être heureux époux , soyez toujours amant.
Que , Lien plus que le sacrement ,
L'amour à jamais vous unisse ; Et, pour faire durer le plaisir entre vous ,
Que ce soit l'amant qui jouisse
De tout ce qu'on doit à l'époux.
Pour vivre sans débat dans votre domestique.
Vous n'avez qu'un moyen unique ;
Et je vais vous le découvrir.
Ne vous entêtez point d'être cbez vous le maître:
Mais, si l'on veut bien le souffrir.
Contentez-vous de le paraître.
Quoi qu'on vous vienne débiter, Que rien ue vous fasse -douter
Que votre épouse est toujours sage :
Car, sans cet article de foi , Qu'on doit croire toujours , et souvent malgré soi , Point de salut en mariage.