‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 151 sur 167 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

il»N ce temps malheureux , où tout le genre humaio, La âamme et le fer à la main, Ne travaille qu'à se défaire , Ou ne saurait trop honorer Ceux qui , d'humeur plus débonnaire , Ne cherchent qu'à le réparer.

a«4 POÉSIES

Que Rousseau (a) fit chez lui d'une main cnmmelïe. Ont souffert un repas simple et non préparé , Où l'art des cuisiniers , sainement ignoré, 3N'étalait point au goût la funeste élégance De cent ragoûts divers que produit l'abondance > Mais où le sel attique , à propos répandu , Dédommageait assez d'un entremets perdu.

C'est à de tels repas que je te sollicite; C'est dans cette maison que ma lettre t'invite. Ma servante déjà , dans ses nobles transports , A fait à deux cbapons passer les sombres bords. Ami , viens donc demain , avant qu'il soit une heure. Si le hasard te fait oublier ma demeure , He va pas t'aviser, pour trouver ma maison , Aux gens des environs d'aller nommer mon nom ; Depuis trois ans et plus , dans tout le voisinage , On ne sait , grâce au ciel, mon nom ni mon visage ; Mais demande d'abord où loge dans ces lieux "Un homme qui , poussé d'un désir curieux , Dès ses plus jeunes ans sut percer où l'Aurore (Voit de ses premiers feux les peuples du Bosphore; Qui , parcourant le sein des infidèles mers , Par le fier Ottoman se vit chargé de fers; Qui prit , rompant sa chaîne , une nouvelle course iTers les tristes Lapons que gèle et transit l'Ourse^ Et s'ouvrit un chemin jusqu'aux bords retirés Où les feux du soleil sont six mois ignorés.

(a) Marchand de vin.

Mes voisins ont appris l'histoire de ma vie , Dont mon valet causeur souvent les désennuie. Demande-leur encore où loge , en ce marais , Un magistrat qu'on voit rarement au palais ; Qui, revenant chez lui lorsque chacun sommeille. Du bruit de ses chevaus bien souvent les réveille; Chez qui l'on voit entrer pour orner ses celliers. Force quartauts de vin , et point de créanciers. Si tu veux , cher ami , leur parler de la sorte , Aucun ne manquera de te montrer ma porte. C'est là qu'au premier coup tu verras accourir tJn valet diligent qui viendra pour t'ouvrir ; Tu seras aussitôt conduit dans une chambre Où l'on brave à loisir les fureurs de décembre. Déjà le feu , dressé d'une prodigue main , S'allume en pétillant. Adieu , jusqu'à demain.

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