LE TOMBEAU
Là, le jeiine avocat vient prendre ses licences ^ Et le blond sénateur, en quittant le barreau. Vient peigner sa perruque et prendre son chapeau; C'est là que le chanoine, au sortir du service. Vient en aumusse encore achever son office. Et qu'on voit à midi maint auteur demi-nu Sur le projet d'un livre emprunter un écu. Dans ce lycée enfin cette mort imprévue Fut par les assistans diversement reçue; Acaste en soupira, le libraire en frémit. Crispe en eut l'oeil humide, et Perrault en sourit. Pendant qu'on doute encor de la triste nouvelle, Ariste arrive en pleurs, et, sur une escabelle. Au milieu du perron se plaçant tristement, ïiUt au cercle eu tes mots l'extrait du testament : « En l'honneur d'Apollon à jamais je souhaite Aux yeux de l'univers vivre et mourir poète ; J'en eus toute ma vie et l'air et le maintien-; Mais , désirant mourir eu poète chrétien , Je déclare en public que je veux que l'on rende Ce qu'à bon droit sur moi Juvénal redsmande; Quand mon livre en serait réduit à dix feuillets. Je veux restituer les larcins que j'ai faits; Si de ces vols honteux l'audace était punie , Une rame à la main j'aurais fini ma vie. Las d'être un simple auteur entêté du latin, Pour imposer aux sots je traduisis Longin; Mais j'avoue en mourant que je l'ai mis en masque. Et que j'enteuds le grec aussi peu que le basque.