ZÉNOBIE , THÉONE
JjjifFiTT nous la voyons cette grande journcc
Qui de tout l'orient règle la destinée ;
Nous la voyons, Théone, et nos bras désarmés
Rougissent sous les fers dont ils sont opprimis.
Nos honneurs sont détruits : cette grandeur suprême.
Ces armes, ces soldats, ces rois, ce diadème.
Cet éclat triomphant qui brillait dans ma cour.
Tout s'est évanoui dans l'espace d'un jour.
Ton ame en ce moment d'étonuement saisie
Reconnaît-elle encor la fière Zénobie ,
Qui , vengeant un époux et deux fils par ses mains ,'
6o SAPOR.
Fit pâlir le séuat , et frémir les Romains ,
Et , faisant de leur camp un champ de funérailles ,
Les fit souvent pleurer le gain de lears batailles?
Hélas! ce temps n'est plus, Tliéoiie; et nos malheurs
L'emportent, en un jour, sur toutes nos grandeurs.
II ne me reste rien de ma gloire passée
Que le dur souvenir d'une pompe effacée;
Et cet amer retour, ce revers que je sens.
De mes honneurs passés me fait des maux présens.