‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 64 sur 167 · AURÉLIEN, ISMÈNE, FIRMIN , THÉONE · texte numérisé non relu

AURÉLIEN, ISMÈNE, FIRMIN , THÉONE

AURÉLIEN

Souffrez qu'à vos regards je m'offre ici, madame, Nou plus comme autrefois que l'horreur et l'effroi Marquaient partout mes pas et volaient devant moi: Je viens, plein des transports d'une flamme iudiscrète. D'un cœur qui vous adore avouer la défaite , Me mettre dans vos fers , et dire à vos genoux Qu'il n'est plus dans ces lieux d'autre vainqueur que vous.

ISMÈNE

Seigneur, un tel discours a de quoi me surprendre ; J'en demeure interdite , et ne le puis comprendre. Je n'ai pas oublié qu'un funeste revers , Après de vains efforts, m'a mise dans vos fers : Rebut de la fortune, esclave infortunée, Je sais à quels malheurs le sort m'a condamnée ; Et le plus grand de tous, sans espoir, sans secours , C'est de n'avoir encor vécu que peu de jours. Puis-je au milieu des fers conserver quelques charmes ? Toutlefeudemes yeux s'est éteint daus mes larmes; Et je les punirais si leur coupable ardeur Avait, eu vous touchant, si mal servi mon cœur,

AURÉLIEN

Madame, je sais bien qu'un soupir dans ma bouche Allume votre haine, et vous rend pUis farouche;

84 SAPOR

Que vous changez le nom d'empereur, de valoqueur.

Eu celui de tyran tt de persécuteur :

Mais eufiu , si jamais dabs une ame hautaine

Par un effott d'amour ou peut vaincre la haine ,

Malgré tous vos dédains . je suis sûr d'être heureux.

Madame, on n'a jamais ressenti tant de feus ;

Et, quel que soit l'excès de votre horreur extrême.

Votre cœur me hait moins que le mien ne vous aime.

Si c'est assez pour vous que l'empire romain ,

Je vous l'offre en ce jour, madame, avec ma main.

Page 1