‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 74 sur 167 · ACTE III , SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE II

Est un hien qu'en secret je me suis destiné ; Qu'aucun autre que moi ue doit plus y prétendre?

SArOR.

3ui, prince, je le sais; on vient de me l'apprendre; ^lais j'ignorais encor que le sort des comhats r*ût disposer d'un cœur ainsi qu'il f,ùt d'uu bras , ït que les mêmes fers dont ou ciiarge une tête dussent toujours d'une ame assurer ia conquête. 1 est vrai qu'cik tout temps un puissant empereur ^ travers cent rivaux se fait jour da. s un cœur; fout fléchit devaut lui, tout cède, tout fait place; n'est pour une murt*^l!e encore trop de grâce 3e recueillir l'honneur «l'uu sévère regard 5ue sa bonté sur elle a jeté par hasard : Vlais il est certains cœurs, si j'ose ici le dire, 3u'on n'éblouirait pas par l'otfre d'uu erai)ire , It qui, dès leur uaissaiice au troue accoutumés, Même à des empereurs pourraient étr% fermés.

AURÉMtN.

J'il s'en trouvait quelqu'un, une juste puissance

Vl'assarerait toujours de sou obéissance :

Un pouvoir redoutable eutraiue a soi l'amour,

SAFOR.

C'est ainsi qu'on emporte un cœur en cette cour.

AURÉLIEN

O'une esclave orgueilleuse ou sait tirer vengeance j Et l'on y sait de plus réprimer l'iiisoleuce.

SAPOR

Insulte*, triomphez: peut-être eu d'autres temp»

gê SAPOR.

Vous m'eussiez épargné ces discours insultans. Avantqu'aux champs fumans d'Emesseet deLarisse Le ciel de mes malheurs se fût rendu complice, Lorsque vos bataillons étonnés n'osaient pas Soutenir les éclairs du fer de mes soldats , Incertain du succès que nous devions attendre , Ces mots dans votre bouche auraient pu se suspendre: Ce temps , dont vous pourriez encor vous souvenir , Peut-être malgré vous pourrait-il revenir. AURÉLIEN.

En tous temps, en tous lieux, en me voyant paraître, Prince vous avez dû respecter votre maître ; Et d'un mot je vous puis empêcher de revoir Ce temps qui vainement flatte encor votre espoir.

SAPOR

Le coup devrait avoir -prévenu la menace.

AURÉLIEX.

Le coup devrait avoir humilié l'audace D'un esclave orgueilleux.

SA.POR

Dites mieux , d'un rival.

ATJRÉtlEN.

L'un et l'autre en ce jour mérite un sort égal,

Et tous deux à mes yeux ne sont que trop coupables.

SAPOR

Peut-être d'autres yeux me sont plus favorables.

AuaÉLiEir.

Redoutez leur faveur.

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