‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 80 sur 167 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ZÉNOBIE , ISMÉKE , THÉONE,

ZÉsrOBIE,

Enfin voilà Tabîme où j'étais attendue ! Dieux cruels! voyez-moi, suis-je assez confondue ? Je verrai donc ma fille, amenée aux autels , Avouer sa faiblesse aux pieds des immortels ! Mes yeux seront témoins...

ISMÈITE.

Ah ! de grâce , madame , De reproches affreux n'accablez pas mon ame : Victime infortunée, un destin malheureux, M'entraînant à l'autel , triomphe de mes vœux. Plaignezplu tôt mon sort : pour sauver ce que j'aime, J'immole mon amour, je m'immole moi-même; Sans ce dur sacrifice et cet hymen, héJas! Ce jour est pour Sapor celui de son trépas.

ZÉSOBIE.

Le jour de son trépas ! dieux! quelle tyrannie!

/ ISMÈNE

Aux dépens de l'amour il faut sauver sa vie.

ZÉ>-OBIE.

Le barbare !

ISMÈNE

Ah! madame , arrêtons son courroux.

io4 SAPOR.

ZÉNOBIE

AU! périssons, ma fille , et Sapor avec nous; D'un indigne attentat sauvons notre mémoire : Nous ne vivons déjà que trop pour notre gloire. Tout est ici suun;is à la loi du trépas, Tfous vivons pour mourir : mais nous neuaissonspas Avec un cœur exempt et de tache et d'offense Pour en trahir jamais la sévère innocence ; C'est pour tous les mortels un dépôt précieux Qu'ils doivent rendre tel qu'ils l'ont reçu des dieux.

ISMÈNE

Quels combats !

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