‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 82 sur 167 · ACTE m, SCENE VI. io · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE VI. io

SABIITUS.

L'ignorez-vous, madame?

On vous aime ; on me tue aujourd'hui dans ces lieux ; J'en frémis, l'empereur vous épouse à mes yeui; Lui-même il m'a chargé de l'éclat de la fête. Détournons les éclats de ce coup sur sa tête. Prévenons ses desseins, détruisons ses projets ; Changeons en un seul coup ses lauriers en cyprès ; Que les flambeaux ardens de cet hymen célèbre Eclairent les momeos de sa pompe funèbre; Qu'il périsse à vos yeux.

ZÉNOBIE

Prince , je vous entends; Ce soin de me venger, ces nobles sentimens , Ces transports , ces fureurs dont votre ame est saisie, Je les dois à l'amour moins qu'à la jalousie.

SABINCS.

Et qu'importe, madame, a qui vous les deviez, Pourvu que le tyran tombe mort à vos pieds? Ce généreux cocrroux confondu dans mon ame Avec l'emportement de l'ardeur qui m'enflamme Ne vous marque que tropl'amour que j'ai pour vous ; Mon cœur est amoureux autant qu'il est jaloux.

ZÉNOBIE

Il faut vous détromper : l'éclat de cette fête. L'hymen que dans ces lieux par votre ordre on apprête Ces flambeaux dont votre ame a conçu tant d'effroi , Tout ce que vous voyez ne se fait pas pour moi.

to6 SAPOR.

Si-BIWCS.

Ne se fait pas pour VOUS ! et pour qui donc, madame ? Quel autre objet ici peut exciter sa flamme ?

zé:ïobie.

Voilà l'objet fatal et les coupables yeux Où l'empereur a pris cet amour odieux, Amour, plus que mes fers, dangereux à ma gloire.

SA-BINUS.

Vous voulez m'abuser : non je ne puis vous croire; Je vous écoute moins que mes transports jaloux ; Et qui vous voit enfin ne peut ainjer que vous. Quoi qu'il eu soit , madame , il faut vous satisfaire ; Le dessein en est pris, rien ne m'en peut distraire; Déjà par tout le camp mes fidèles soldais Sont, au premier signal, prêts à suivre mes pas; Le bruit de cet bymen qui vient de se répandre Me fait trouver des cœurs prompts à tout entreprendre : Sévère , Albin , Plautus, pleins d'une noble ardeur, Des momens retardés accusent la lenteur. Allons, madame , allons; volons à la vengeance. Déjà , plein des transports de mon impatience , J'ai couru cbez Sapor en venaut dans ces lieux ; Le succès du complot est écrit dans ses yeux. Je vais tout préparer pour ce grand sacrifice. Et contraindre le ciel à vous être propice.

ZÉNOBIE

Ab! suivez les transports dont vous êtes épris, Et songez que mon cœur en doit être le prix.

Fllf DU T&OISIÈME A.CTE.

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