ISMÈNE, THÉONE
Uovais-je? où suis-je? hélas !où courous-nous ,Tliéone ■
Ma raison me trahit , ma vertu m'abandonne;
Mon cœur est dévoré des plus cruels ennuis :
Je cours dans ce palais sans savoir où je suis ;
Je crains d'y rencontrer un malheureux que j'aime;
Je me dérobe au jour ; je me cache à moi-même;
Je me fuis , mais en vain ; et tout ce que je voi
Me reproche mou crime et s'arme contre moi.
De quel front de Sapor soutieudrai-je la vue.
Si , de ma trahison déjà trop confondue ,
Je n'ose regarder ce palais odieux
Où le sang de mon père est fumant à mes yeux ?
Dieux! que deviendra-t-il , quaud ma bouche cruelle
Lui marquera l'état de mon cœur infidèle;
Quand il m'entendra dire , interdit et confus ,
« Prince, je vous aimais, je ne vous aime plus;
Je ne suis plus à vous ; à l'autel entraînée ,
ïo8 SAPOR.
Avec votre rival j'unis ma destinée;
Cet hymen se célèbre à vos yeux , dan« ce jour ;
Et je vais vous trahir par un effort d'amour ? «
Ah ! plutôt que lui faire un aveu si terrible ,
Fuyous , fuyons , Théone , au sein d'un antre horrible.
Cachons-nous dans l'horreurdesplus sauvages lieux,
Reuouçoos pour jamais à la clarté des citux :
Viens, Théone , suis-moi. Mais quelle horreur m'emporte!
Ne me kouvieut-il plus de ces fers que je porte ?
Oîi puis-je aller, grands dieux ! quels chemins sont ouverts
Hélas! je ue puis plus me cacher qu'aux enfers.