‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 83 sur 167 · ISMÈNE, THÉONE · texte numérisé non relu

ISMÈNE, THÉONE

Uovais-je? où suis-je? hélas !où courous-nous ,Tliéone ■

Ma raison me trahit , ma vertu m'abandonne;

Mon cœur est dévoré des plus cruels ennuis :

Je cours dans ce palais sans savoir où je suis ;

Je crains d'y rencontrer un malheureux que j'aime;

Je me dérobe au jour ; je me cache à moi-même;

Je me fuis , mais en vain ; et tout ce que je voi

Me reproche mou crime et s'arme contre moi.

De quel front de Sapor soutieudrai-je la vue.

Si , de ma trahison déjà trop confondue ,

Je n'ose regarder ce palais odieux

Où le sang de mon père est fumant à mes yeux ?

Dieux! que deviendra-t-il , quaud ma bouche cruelle

Lui marquera l'état de mon cœur infidèle;

Quand il m'entendra dire , interdit et confus ,

« Prince, je vous aimais, je ne vous aime plus;

Je ne suis plus à vous ; à l'autel entraînée ,

ïo8 SAPOR.

Avec votre rival j'unis ma destinée;

Cet hymen se célèbre à vos yeux , dan« ce jour ;

Et je vais vous trahir par un effort d'amour ? «

Ah ! plutôt que lui faire un aveu si terrible ,

Fuyous , fuyons , Théone , au sein d'un antre horrible.

Cachons-nous dans l'horreurdesplus sauvages lieux,

Reuouçoos pour jamais à la clarté des citux :

Viens, Théone , suis-moi. Mais quelle horreur m'emporte!

Ne me kouvieut-il plus de ces fers que je porte ?

Oîi puis-je aller, grands dieux ! quels chemins sont ouverts

Hélas! je ue puis plus me cacher qu'aux enfers.

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