‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 86 sur 167 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

SAPOR , ISMÈNE , THÉOIN'E.

ISMÈITE.

Mais, dieux ! je l'aperçois ; il tourne ici ses pas : Dans le IrouLle où je suis ne m'abandonne pas.

Enfin le ciel, madame, à mes vœux moius contraire. Luit d'un rayon plus pur; il permet que j'espère ; Il va m'ouvrir bientôt, en signalant mes coups. Le moyen de mourir ou de vivre pour vous. Sabinus , dans l'armée excitant sa puissance. Des Romains courroucés irrite la vengeance; Tout le camp mutiné s'arme eu notre faveur. Et mon cœur tout entier se livre à la fureur. Mais que vois-je , grands dieux ! et quel sombre nuage Vient obscurcir l'éclat de votre beau visage !

iio SAPOR.

Quel changement ! Pourquoi détournez-vous vos yeux ? Depuis quel temps vous suis-je un objet odieux ? C'est Sapor qui vous parle. Ah ! ma chère princesse, Jetezles yeux sur moi. Quel sombre ennui vous presse ? Vous ne me dites rien ! Ciel ! que je sens d'effroi ; Serais-je donc trahi? par qui? comment? pourquoi? L'aurais-je pu pAiser ? Quel amour ! quelle glace ! Est-ce ainsi que vos yeux enflamment mon audace , Ces yeux où je venais prendre toute l'ardeur Qui devait animer et mon bras et mon cœur ! Je vais vous arracher..

ISMÈNE

Hélas ! qu'allez-vous faire ?

SAPOR

Pour vous dans les hasards je cours en téméraire ;

Je me livre an destin ; quel que soit le danger.

Sur les pas de la mort je vole vous venger.

Mon courage inquiet depuis long-temps murmure

De n'avoir du destin pu réparer l'injure;

Et je suis criminel aux yeux de l'univers

De vous avoir laissée un moment dans les fers ;

Cet univers saura que ce temps , ce silence ,

Servaient à méditer une illustre vengeance.

Et que , tout malheureux et tout abandonné.

J'étais digne du cœur que vous m'avez donné.

ISMÈNE

Hélas !

SÀPOR.

Vous soupirez, je vois couler vos larmes.

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