‹ ŒuvresChapitre 103 sur 212 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MHie BERTRAND , LISETTE.

MADAME BERTRAND

■i\n ! VOUS voilà ! Je suis fort aise de vous rencontrer. Parlons ensemble un peu sérieusement , je v^us prie , mademoiselle Lisette.

Aussi sérieusement qu'il vous plaira , madame Bertrand.

MADAME BERTRAND

Savez-vous bien que je suis fort mécontente de la conduite et des manières de ma

i6o LE RETOUR IMPRÉVU.

LISETTE

Commeut donc , madame ! que fait-elle de mal, s'il vous plaît ?

MADAME BERTRAND

Elle ne fait rien que de mal ; et le pis que j'y trouve, c'est qu'elle garde auprès d'elle une coquine comme vous , qui ne lui donnez que de mauvais conseils, et qui la poussez dans un précipice où son penchant ne l'entraîne déjà que trop.

LISETTE

Voilà un discours très-sérieux au moins , madame ; et si je répondais aussi sérieusemeut , la fin de la conversation pourrait bien faire rire ; mais le respecî que j'ai pour votre âge, et pour la tante de ma maîtresse, m'era* péchera de vous répondre avec aigreur.

MADAME BER^AIÏD.

Vous avez bien de la modération !

LISETTE

Il serait à souhaiter , madame , que vous en eussiez outant ; vous ne seriez pas la première à scandaliser votre nièce, et à la décrier, comme vous faites dans le monde, par des discours qui n'ont point d'autre fondement que le dérèglement de votre imagiaation.

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