SCENE I. i(n
MADAME BERTRAND
Comment , impudente ! le dérèglement de mon imagination ! C'est le dérèglement de vos actions qui me fait parler ; il n'y a rien de plus horrible que la vie que vous faites.
LISETTE
Comment, donc, madame ? quelle vie faisons-nous, s'il vous plaît ?
MADAME BERTRAND
Quelle ? Y a-t-il rien de plus scandaleux que la dépense que Lucile fait tous les jours ? une fille qui n'a pas un sou de revenu !
LISETTE
Nous avons du crédit , madame.
MADAME BERTRAND
C'est bien à elle d'avoir seule une grosse maison , des habits magnifiques !
XISETTE
Est- il défendu de faire fortune ?
MADAME BERTRAND
Et comment la fait-elle , cette fortune !
LISETTE
Fort innocemment ; elle boit , mange , chante, rit, joue, se promène : les biens nous viennent en dormant , je yous en assure.
if.-x LE RETOUR IMPRÉVU.
MADAME BERXRAKD.
Et la réputation se perd de même. Elle Terra ce qui lui arrivera ; elle n'aura pas un sou de mou bien, premièrement: ma fille unique ne veut plus être religieuse ; je m'en vais la marier; mon frère le chanoine, qui lui en veut depuis long-temps , la déshéritera ; car il est vindicatif. Patience , patience ; elle ne sera pas toujours jeune.