SCENE XVIir. 2o
MADAME BERTRAKD, à part.
Des esprits dans sa maison! II ne faut pas le contredire ; cela redoublerait son mal.
GÉRO«TE.
Je voudrais bien , madame Bertrand , mettre dans votre maison quelques ballots que j'ai rapportés de mon voyage.
MADAME BERTRAND , à part.
Il ne se souvient pas que son vaisseau a péri; quelle pitié! {haut.) Je suis à votre service i et ma maison est plus à vous qu'à moi-même.
Ah , madame ! je ne prétends point abuser de l'état où vous êtes, {à part ^ à Merlin.) Mais vraiment, Merlin ; cette femme-là n'est pas si folle que tu disais.
MERI.IN, bas, à Gérante»
Elle a quelquefois de bons momens ; mais cela ne dure pas.
Dites-moi, madame Bertrand, êles-vous toujours aussi sage, aussi raisonnablequ'à présent!
MADAME BERTRAND
Je ne pense pas , monsieur Géronte , qu'on m'ait jamais vue autrement.
2o6 LE RETOUR IMPREVU.
GÉKOÎS'TE.
Mais si cela e^t, votre famille n'a point été en droit de vous faire interdire.
MADAaiE BERTRAND.
De me faire interdire, moi! de me faiie interdiie î
GÉEOKTE , à part.
Elle ne connaît pas son mai.
MADAME BERTRAND
Mais si vons n'êtes pas ordinairement plus fou qu'à présent, je trouve qu'on a grand tort de vous faire enfermer.
GÉROKTE.
Me faire enfermer! {à part. ^j Voilà la machine qui se détraque. Çà, çà, changeons de propos, {haut.) Eh bien ! qu'est-ce , madame Bertrand ? êtes-vous fâchée qu'on ait vendu votre maison ?
MADAME BERTRAND
On a vendu ma maison !
Du moins vaut-il mieux que mon fils l'ait achetée qu'un autre , et que nous profitions du bon marché.
MADAME BERTRAND
Mon pauvre monsieur Géronte, ma mai-