‹ ŒuvresChapitre 148 sur 212 · SCENE y · texte numérisé non relu

SCENE y

MOMUS , M. DANCOUR, MADEMOISELLE BEAUVAL, MADEMOISELLE DESBROSSES, M. DUBOCAGE.

MOMUS

Serviteur à la compagnie.

Des dieux de la mythologie Vons voyez en moi le bouffon , Momus , dieu de la raillerie , g Et, partant, delà comédie Le protecteur et le patron.

MADEMOISELLE BEACVAL.

Monsieur Momus, point de cérémonie; Sovez le bieuveuu. Notre profession Avec la vôtre a quelque ressemblance.

Gens de même condition Fout entre eux bientôt connaissance.

MOMUS

Il est vrai , vous avez raison.

23o PROLOGUE.

Là haut je raille et je fuis rire;

Vous faites de même ici-bas ; Les dieux u'échappent point aux traits de ma satire. Et les hommes, je crois, quand vous voulez médire

Ne vous échappeut pas.

Je suis ravi qu'enfla qos emplois ordinaires

Metteut du rapport entre nous,

Touchez-là ; je suis tout à vous , Serviteur donc, mes amis et confrères.

M, DASCOCR.

Seigneur Momus , votre diviuité

A notre corps fait une grâce entière :

Mais, en vous avouant aiusi notre confrère ,

Vous nous autorisez à trop de vanité,

MADEMOtSELLE BEA.UVAL.

Non , point du tout; laissez-le faire . Mais dites-nous avec sincérité , Franchement, là,., quelle heureuse aventure Vous a fait venir dans ces lieux :

En faveur du plus grand des dieux *

Venez-vous ménager quelque conquête sûre ? Au lieu d'être Momus, n'êtes-vous point Mercure ?

MOMUS

Oh! pour cela, non, par ma foi.

Chacun là-haut a son emploi , Et nous n'usurpons rien sur les charges des autres ; Nos rôles sont marqués ainsi que sont les vôtres , Et de n'en point changer on se fait une loi. Je voudrais bien troquer ma charge avec Mercure;

Page 1