‹ ŒuvresChapitre 154 sur 212 · ALBERT, AGATHE, LISETTE · texte numérisé non relu

ALBERT, AGATHE, LISETTE

ALBERT , h part.

J'ai fait ilans mon cbàteau toute la nuit la ronde , Et dans un plein repos j'ai trouvé tout le monde. Pour mieux des ennemis rendre vains les efforts , J'ai voulu même encor m'assurer des dehors. Grâce au ciel, tout va bien. Une terreur secrète. En dépit de mes soins , cependant m'inquiète. Je vis hier rôder un certain cuneux , Qui «le loin, ce me semble, examinait ces lieux. Depuis plus de six mois ma lâche complaisance Met à chaque moment en défaut ma prudence; Et, pour laisser Agatlie à l'aise respirer. Je n'ai , par bonté d'ame, encor rien fait murer. <Je n'est point par douceur qu'on rend sage les filles; Je veux du haut en bas faire attacher des grilles , Et que de bons l)arreaux, larges comme la main , Puissent servir d'obstacle à tout effort humain. Mais, j'entends quelque bruit, et, dans le crépuscule. J'entrevois quelque objet qui marche et qui recule. Approchons. Qui va là? Personne ne répond ; Ce silence affecté ne me dit rien de bon.

LISETTE, has.

Je tremble.

a42 LES FOLIES AMOUREUSES.

ALBERT

C'est Lisette : Agathe est avec elle.

AGATHE

Est-ce donc vous, moDsieur, qui faites sentinelle ?

ALBERT

Oui, oui, c'est moi , c'est moi ; mais , à l'heure qu'il est. Que venez-vous chercher eu ce lieu, s'il vous plaît ?

AGATHE

De dormir ce matin n'ayant aucune envie, Lisette et moi nous avons fait partie D'être devant le jour sous ces arhres épais. Pour voir naître l'aurore et respirer le frais.

LISETTE

Oui.

ALBERT

Respirer le frais , et voir l'aurore naître , Tout cela se pouvait faire à votre fenêtre. Ici , 2)our me trahir, vous êtes de complot.

LISETTE, a part.

Que ce serait bien fait !

ALBERT, a Luette.

Que dis-tu ?

LISETTE

Pas le mot.

ALBERT

Des filles sans intrigue, et qui sont retenues. Sont, à l'heure qu'il est , dans leur lit étendues , Dorment tranquillement , et ne vont point sitôt Prendre dans une cour ni le froid ni le chaud.

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