‹ ŒuvresChapitre 174 sur 212 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

rublier que je suis un brutal , ua jaloux ; Dans le fond de moo cœur je me rirai de vous.

ÉRASTE

Quand vous seriez jaloux , devez-vous vous défendre Pour avoirplus qu'un autre un cœur sensible et tendre? Sans être un peu jaloux ou ne peut être amant. Bien des gens cependant raisonnent autrement : Un jaloux, disent-ils , qui sans cesse querelle , Est plutôt le tyran que l'amant d'une belle ; Sans relâcbe , agité de fureur et d'ennui , Il ne met son plaisir que dans le mal d'autrui ; Insupportable à tous , odieux à lui-même , Chacun à le tromper met son plaisir extrême. Et voudrait qu'on permît d'étouffer un jaloux Comme un monstre échappé de l'enfer en courroux. C'est dans le monde ainsi qu'on parle d'ordinaire; Mais , pour moi, je soutiens un parti tout contraire , Et dis qu'un galant homme , et qui fait tant d'aimer. Par de jaloux transports peut se voir animer , Céder à ce penchant; et qu'il faut, dans la vie , Assaisonner l'amour d'un peu de jalousie.

ALBERT

Certes, vous me charmez, monsieur, par votre esprit. Je voudrais pour beaucoup que cela fût écrit , Pour le montrer aux sots qui blâment ma manière.

CLISriN.

Entrons chez vous , monsieur : là , pour vous satisfaire , Je vous l'écrirai tout , sans qu'il vous coûte rien.

ALBERT, Vairétant.

Je vous suis obligé ; je m'en souviendrai bien. Vous n'avez pas , je crois , autre chose à me dire : Voilà votre chemin. Adieu ; je me retire. Que le ciel vous maintienne en ces bons sentimens. Et ne demeurez pas en ce lieu plus long-temps.

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