ACTE II , SCENE VIL
Ne troublez pas le dieu qui me met eu fureur. Je sens qu'en tons heureux ma verve se dégorge, f Elle tousse beaucoup , et crache au nez d'Albert.J Pouali! c'est uu diésis que j'avais à la gorge. Or donc, dans le duo dont il est question. Vous y verrez du vif et de la passion : Je réussis des mieux et dans l'un et dans l'autre, f elle donne un papier de musique a Albert , et une
lettre a Eraste.J Voilà votre partie; et vous, voilà la vôtre.
felle tousse pour se préparer a chanter.) CRISPIW.
Écartons-nous un peu; je crains les diésis.
LtSETTE , a part.
Nous entendrons bientôt de beaux charivaris.
AI.CERT.
Agathe, mon enfant, ton erreur est extrême : Je suis seigneur Albert , qui te chéris , qui t'aime.
AGATHE
Parbleu , vous chanterez.
Eh bien ! je chanterai ; Et, si c'est ton désir eucor, je danserai.
ÉRASTE , ouvrant son papier, à part.
Une lettre , Crispin !
CRISPIN, las , a Eraste.
Ah ciel ! quelle aventure !
Le maître de musique entend la ta])lature.
ajS LES FOLIES AMOUREUSES.
AGA.THE
Çà ; comptez bien vos temps pour partir : cette fois , C'est vous qui commencez. Allons , vite. Un , deux , trois. ( elle donne un coup du papier dont elle bat la mesure sur la tête d'Albert , et frappe du pUd sur le sien avec colère.J Partez donc , partez donc , musicien barbare , Ignorant par nature, ainsi que par bécarre. Quelle rauque grenouille au milieu de ses joncs T'a donné de ton art les premières leçons ? Sais-tu , dans un concert, ou croasser, ou braire !
ALBERT
Je vous ai déjà dit, sans vouloir vous déplaire , Que je n'ai point l'honneur d'être musicien.
AGATHE
Pourquoi donc, ignorant, viens- tu , ne sachant rien, Interrompre un concert où ta seule présence Cause des contre-temps et de la discordance? Yit-on jamais un âne essayer des bémols , Et se mêler au chant des tendres rossignols ? Jamais un noir corbeau, de malheureux présage, Troubla-t-il des serins l'agréable ramage ? Et jamais, dans les bois , un sinistre hibou. Pour chanter un concert, sortit-il de sou trou? Tu n'es et ne seras qu'un sot toute ta vie.
CRISPIN , a Agathe.
Mon maître, comme il faut, chantera sa partie; J'en suis sa caution.